Essaouira

 

 
Avec son plan très régulier, la ville mérite bien son nom actuel d'Es Essaouira, prononcez "Swira", qui signifie en arabe « la Bien-Dessinée ».
 
Essaouira c’est d’abord un mode de vie, un ensemble de coutumes et de pratiques spécifiques, un lieu exceptionnel de coexistence pacifique entre différentes religions et ethnies (musulmans, juifs, chrétiens, africains et européens…), un havre de paix et de tolérance entre des hommes partageant des valeurs humanistes qui ont su cultiver un cosmopolitisme millénaire.
Véritable musée à ciel ouvert, classé au patrimoine de l’Unesco, vous êtes bien au Maroc, mais oubliez la grande voisine Marrakech, sa vie trépidante et ses souks bruyants. Ici, à Essaouira, vous êtes hors du temps. 
Avec son port et son corset de murs fortifiés, sa plage de sable doré, ses côtes. Entre minarets, riads et somptueuses demeures, dans les ruelles et les petits passages de la médina, la population de pêcheurs, d’artisans et de commerçants vous accueille en toute simplicité.
Connue pour son artisanat multiple, le travail de la tuiya, du cuir, du cuivre et l’envoutante musique gnaoua, Essaouira est également renommée depuis quelques années pour la pratique duwindsurf et du kit surf, grâce aux vents puissants qui soufflent presque constamment dans la baie. 
Les amoureux de balade et d’aventure seront également gâtés. Des paysages d'une beauté exquise ; champs d’arganiers, dunes et plages vierges entourent la cite des Alizés.
Il règne à Essaouira, un étonnant climat qui vous envoûte, vous charme et ne vous lâche plus !
 
L’HISTOIRE
 
Au XIVe siècle, les marins portugais mesurent tous les avantages de cette baie et baptisent la ville Mogdura, déformation probable du nom de Sidi Mogdoul, un marabout local. Les Portugais font de la cité un important comptoir commercial. En 1506, ils y construisent un petit port et plusieurs remparts, ce qui confère à la ville sa configuration spécifique. Une forteresse tellement utile qui atténue son caractère vulnérable en raison de sa trop grande exposition. Les Portugais encouragent à l’époque l’exploitation intensive de la canne à sucre. Les Juifs ont un statut spécial d'intermédiaires entre le sultan et les puissances étrangères, obligées d'installer à Essaouira une Maison consulaire ; il y en a jusque dix dans la Kasbah. On les appelle les « négociants du roi » ou les « représentants consulaires ». Ils ont, par exemple, le monopole de la vente du blé aux chrétiens, celle-ci étant interdite aux musulmans.
 
Mogador est bombardée et prise le 15 août 1844 par les Français.
 
En 1764, le sultan Mohammed ben Abdellah décide d'installer à Essaouira sa base navale, d'où les corsaires iront punir les habitants d'Agadir en révolte contre son autorité. Il fait appel à Théodore Cornut, un architecte français à la solde des Britanniques de Gibraltar. Le sultan le reçoit avec tous les honneurs dus à un grand artiste et lui confie la réalisation de la nouvelle ville « au milieu du sable et du vent, là où il n'y avait rien ». Cornut l'Avignonnais, disciple de Vauban, et qui avait été employé par Louis XV à la construction des fortifications du Roussillon, travailla trois ans à édifier le port et la kasbah, dont le plan original est conservé à la Bibliothèque nationale de France à Paris. Il semblerait que la seconde ceinture de remparts et la médina aient été dessinées bien après le départ de Cornut. Le sultan n'avait souhaité prolonger leur collaboration, reprochant au Français d'être trop cher et d'avoir travaillé pour l'ennemi britannique. Avec son plan très régulier, la ville mérite bien son nom actuel d'Es Saouira, qui signifie « la Bien-Dessinée ».
 
L'importance d'Essaouira n'a cessé de croître jusqu'à la première moitié du XIXe siècle, et la ville connut une formidable prospérité grâce à l'importante communauté juive. On y compta jusqu'à 17 000 Juifs pour à peine 10 000 musulmans. La bourgeoisie marocaine accourt y acheter des bijoux. On l'a longtemps surnommé le port de Tombouctou, car les caravanes chargées d'or, d'épices et d'esclaves venues d'Afrique subsaharienne y sont alors négociées et le commerce y est florissant. Mais la plupart des Juifs partent après la guerre des Six Jours. Aujourd'hui, il n'y subsiste que quelques familles juives.
 
Pendant des années, c'est le seul port marocain ouvert au commerce extérieur. Mais le déclin commence avec le protectorat français et le développement d'autres ports (Casablanca, Tanger, Agadir). Handicapée par ses eaux peu profondes et ne pouvant pas recevoir les gros bateaux modernes, la ville connaît cependant une renaissance spectaculaire depuis le début des années 1990, renaissance due essentiellement au tourisme mais aussi à sa vocation culturelle.
 
Essaouira est aujourd'hui le chef-lieu d'une province de 500 000 habitants, pour la plupart agriculteurs. La ville est liée par une opération de coopération avec Saint-Malo, sous l'égide de l'UNESCO. Elle est aussi jumelée avec La Rochelle.